Journée « Comprendre l’expérience : quels enjeux en formation ? » Jeudi 4 mai 2017

Notre collègue Alain Mouchet nous prie d’annoncer
Huitième « Journée Alain Durey » Jeudi 4 mai 2017, 9h00 – 16h30

« Comprendre l’expérience : quels enjeux en formation ? »

Programme Définitif de la Journée

Organisée par le laboratoire LIRTES (EA7313), axe 1 Expérience, Formation et Apprentissages Contextualisés

Département STAPS – Université Paris-Est Créteil (UPEC)

Comité scientifique

Thierry Debanne, Serge ÉLOI et Alain MOUCHET.

Comité d’organisation

Thierry Debanne, Serge Éloi, Alain Mouchet (enseignants-chercheurs) ; Olivier Degrenne, Mickael Ferreira, Laurent Griller, Martin Laine, Teddy Mayeko, Rémi Moreno Flores, David Turon (doctorants).

Thématique de la journée

Nous considérons que la compréhension de l’expérience des acteurs répond à des enjeux scientifiques sur l’analyse de l’activité dans ses dimensions observables et ses aspects implicites.

Elle possède également une utilité sociale et une fonction heuristique pour les praticiens impliqués dans l’enseignement, la formation, l’entraînement, les professions de santé, la supervision, la Validation des Acquis d’Expérience, le bilan de compétences, l’audit…

Elle permet d’envisager un renouvellement des pratiques professionnelles et des démarches de formation, en constituant un atout pour l’intervenant qui veut respecter les particularités individuelles et élaborer des dispositifs de formation qui accordent de l’importance aux savoirs expérientiels.

La verbalisation de l’expérience vécue en situation peut ainsi contribuer à l’analyse et à la transformation de sa pratique, et constituer un outil de développement des compétences et du sujet lui-même.

Toutefois plusieurs aspects sont l’objet de débats scientifiques et professionnels. Tout d’abord, en ce qui concerne les acceptions de la notion d’expérience, qui revêt des acceptions variées selon les cadres théoriques de référence.

L’expérience possède un caractère multifacette, des relations dynamiques aux concepts de vécu et d’activité, une dimension individuelle et collective, une temporalité variée…

Ensuite en ce qui concerne les fonctions et les usages de l’expérience en formation initiale et continue. Nous souhaitons au cours de cette journée, favoriser le débat sur la prise en compte de l’expérience des acteurs comme ressource en éducation et en formation. Des éclairages variés seront proposés par les quatre conférenciers, puis une table-ronde réunissant trois acteurs majeurs dans le champ de l’intervention en STAPS et en sciences de l’éducation, permettra d’envisager les évolutions et l’actualité de cette thématique.

Plusieurs questions sous-tendent les diverses interventions :

  • Quelles définitions de l’expérience et quels enjeux de sa prise en compte en formation ?
  • Quelle posture épistémologique, quels éclairages théoriques et quelles méthodologies pour comprendre l’expérience ?
  • À quelles conditions et comment la verbalisation de l’expérience subjective peut-elle être suscitée, organisée, exploitée, cultivée comme objet et support de formation ?

Programme Définitif de la Journée

Deux publications coordonnées par Alain Mouchet dans cet article du site

Philippe Inowlocki, psychologue social

De l’e?tonnement a? l’apprentissage. Joris Thievenaz 2017

L’association RPDP est heureuse d’annoncer la sortie du livre de Joris Thievenaz : « De l’e?tonnement a? l’apprentissage. « 

Extrait du 4ième de couverture : « 

En sciences humaines et, à plus forte raison, dans le champ de l’éducation, la notion d’étonnement invite spontanément à penser, sans doute parce qu’on la lie intuitivement à la vie intellectuelle des individus et aux formes d’innovations qui lui sont corrélées. L’étonnement se situe au cœur du processus de construction de l’expérience et de formation du sujet. En tant qu’initiateur de l’activité réflexive, c’est à travers lui que l’acteur éprouve les limites de ses connaissances et s’engage dans une démarche d’acquisition de nouveaux savoirs et de transformation de soi. Cet « ouvreur de pensée » demeure cependant la plupart du temps méconnu, tant du point de vue de son origine, de sa dynamique, que de ses effets réels sur l’activité. »

 La structure du livre et quelques bonnes feuilles peuvent être consultées sur cette ressource des Editions De Boeck Supérieur :

Définition et étymologie de la notion d’étonnement p21.

La notion d’étonnement tire son origine du mot latin attonare, qui signifie littéralement « frappé par la foudre ». Ce mot qui possède la même racine que celui de « tonnerre » a d’abord été employé pour désigner quelqu’un d’« étourdi par un coup violent » ou « frappé de stupeur ». Le récit du Père Brumoy dont on peut retrouver les échos dans un ouvrage datant du XVIII° siècle illustre l’acception première de ce mot :

« Telle est l’attitude d’un homme frappé de l’éclair, ou du vent du tonnerre. Ses genoux vacillent : le tremblement redouble, pareil à celui des mouflons agités. Si le feu du ciel éclate encore, la fureur coule de toute part, fureur glacée, effet de l’étonnement » (Chicaneau de Neuvillé, 1751).

Dans ses premiers usages, la notion d’étonnement renvoie donc à un état psychologique d’épouvante ou d’effroi. Le mot estournement fut d’ailleurs employé jusqu’au XVII°siècle pour décrire une violente émotion ou un sentiment de stupéfaction. L’adjectif « étonné » était alors employé pour décrire une personne « hébétée » et « troublée » par une expérience bouleversante ainsi que le choc qui l’accompagne. La langue classique recèle de nombreuses expressions jouant avec les connotations de renversement, de démolition et d’effondrement qui étaient alors fréquemment attribuées à ce terme. On disait de quelqu’un qu’il était « étonné comme si les cornes lui venaient à la tête » car découvrant soudainement que ce à quoi il s’attendait venait d’échouer ou de rater. On employait aussi l’expression « étonné comme un fondeur de cloches » pour décrire celui qui fait ou voit s’effondrer les cloches et qui en est physiquement « estonné ».

SOMMAIRE

Préface Brigitte Albero Introduction générale

PREMIÈRE PARTIE la notion d’étonnement : sa définition et son usage en éducation

Chapitre 1. Approche étymologique de la notion d’étonnement

Chapitre 2. Une notion classique et emblématique de la philosophie

Chapitre 3. Les approches pédagogiques de l’étonnement

Conclusion de la 1re partie

DEUXIÈME PARTIE le rôle de l’étonnement dans l’apprentissage

Chapitre 4. L’étonnement comme geste de pensée

Chapitre 5. Le rôle de l’étonnement dans la démarche d’enquête

Chapitre 6. Le rôle de l’étonnement-enquête dans les apprentissages professionnels

Conclusion de la 2e partie

TROISIÈME PARTIE perspectives pour les pratiques de recherche et de formation

Chapitre 7. Repérer l’étonnement : un enjeu pour la recherche en formation des adultes

Chapitre 8. Comprendre ce qui empêche la démarche d’étonnement : un enjeu didactique

Chapitre 9. Susciter et accompagner l’étonnement : un enjeu pédagogique et didactique

Conclusion de la 3e partie

Conclusion générale. À la recherche des « ouvreurs de pensée »

Postface. Tout à coup, l’étonnement entra vraiment dans le champ de la formation Patrick Mayen

Bibliographie

Table des matières

En librairie et sur www.deboecksuperieur.com

 Joris Thievenaz est maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI-Sorbonne Universités). Membre du centre de recherche sur la formation au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM, Paris) et de l’Unité développement professionnel et formation (AgroSup, Dijon), ses travaux s’inscrivent dans le champ de la formation des adultes et portent plus précisément sur les rapports entre activité, apprentissage et construction de l’expérience. Il dirige par ailleurs un master recherche consacré à l’analyse du travail en milieu de soin.

Philippe Inowlocki, psychologue social

Bonne et heureuse année 2017

Ki-learning.fr vous souhaite une année 2017 riche de satisfactions et de développements personnels.

Paysage urbain
Ismaïla Manga ( 1957-2015), « paysage urbain », charbon de bois, latérite et oxyde de fer sur toile de coton.  Peintre sénégalais, en ce moment une installation en son hommage au Village des arts de Dakar, Notice wikipedia

 

 

 Philippe Inowlocki, psychologue social

FUN MOOC pilote l’écosystème IDEFI N Eiffel a

Le portail de l’innovation dans l’enseignement supérieur annonce son soutien à un vaste écosystème techno-pédagogique piloté par le GIE FUN France Université Numérique :

Dans le cadre du projet IDEFI-N EIFFELa, FUNMOOC travaille actuellement à la mise en place de nouveaux dispositifs d’apprentissage personnalisés. Ils seront plus interactifs tout en veillant à la mise aux normes de l’accessibilité des contenus.

Il fédère un ensemble d’acteurs publics et privés pour développer un nouvel écosystème de production de MOOCs. Il doit permettre :

  • d’enrichir une expérience utilisateur en favorisant :
    • le « social learning »
    • la mise en place de dispositifs d’apprentissage personnalisés
  • de mettre ces MOOCs aux normes d’accessibilité

Acteurs du projet EIFFELa

Pour mener à bien ce projet, un ensemble d’acteurs publics et privés ont été rassemblés.

Pour le volet technique

Un ensemble de start-ups innovantes expertes dans le secteur de l’e-Education et du « social media » ont été réunies :

  • Adways pour l’enrichissement de vidéos
  • Domoscio pour l’ancrage mémoriel
  • Glowbl pour les activités sociales
  • M.F.P. pour son savoir-faire dans la mise en accessibilité des contenus (sous-titrage, traduction)
  • Koena spécialiste en accessibilité numérique

Pour s’assurer que les développements sont pertinents pour l’amélioration de l’expérience utilisateur, le laboratoire interdisciplinaireCHArt-LUTIN, spécialiste des usages et de l’accessibilité, doit définir des méthodes et des outils pour évaluer les solutions et vérifier leur adaptation aux besoins des apprenants, en particulier des personnes à besoins spécifiques.

Les développements réalisés sur laplateforme Open edX seront en Open Source, partagés au sein de l’écosystème françaisavec l’ensemble des acteurs utilisant cette technologie. Ils seront reversés dans la communauté internationale.

Pour le volet pédagogique

10 établissements sont partenaires du projet sur le plan pédagogique :

Lire la suite de l’article

Acteurs du projet EIFFELa

Pour mener à bien ce projet, un ensemble d’acteurs publics et privés ont été rassemblés.

Pour le volet technique

Un ensemble de start-ups innovantes expertes dans le secteur de l’e-Education et du « social media » ont été réunies :

  • Adways pour l’enrichissement de vidéos
  • Domoscio pour l’ancrage mémoriel
  • Glowbl pour les activités sociales
  • M.F.P. pour son savoir-faire dans la mise en accessibilité des contenus (sous-titrage, traduction)
  • Koena spécialiste en accessibilité numérique

Pour s’assurer que les développements sont pertinents pour l’amélioration de l’expérience utilisateur, le laboratoire interdisciplinaireCHArt-LUTIN, spécialiste des usages et de l’accessibilité, doit définir des méthodes et des outils pour évaluer les solutions et vérifier leur adaptation aux besoins des apprenants, en particulier des personnes à besoins spécifiques.

Les développements réalisés sur laplateforme Open edX seront en Open Source,partagés au sein de l’écosystème françaisavec l’ensemble des acteurs utilisant cette technologie. Ils seront reversés dans la communauté internationale.

Pour le volet pédagogique

10 établissements sont partenaires du projet sur le plan pédagogique :

Lire la suite de l’article http://www.sup-numerique.gouv.fr/cid106842/projet-eiffela-vers-une-experience-utilisateur-enrichie-sur-fun-mooc.htmlPhilippe Inowlocki, psychologue social

Psychologie de la bientraitance professionnelle

psychologie de la bientraitance professionnelle
Psychologie de la bientraitance professionnelle

BERNAUD Jean-Luc, DESRUMAUX Pascale, GUÉDON Dominique. Psychologie de la bientraitance professionnelle. Concepts, modèles et dispositifs. Paris : Dunod, 2016, 336 p. Ce manuel analyse le concept de bientraitance professionnelle et expose par quelles voies les politiques managériales et les dispositifs d’intervention permettent de développer un rapport positif au travail. Il présente les concepts, recherches et méthodes qui … Continuer la lecture de Psychologie de la bientraitance professionnelle ?

Source : Psychologie de la bientraitance professionnellePhilippe Inowlocki, psychologue social

Savoir en réseau. Introduction de ressources numériques et interactives. Des usages imaginés aux usages observés dans les classes. Quelle transformation des métiers d’enseignants et d’élèves ?

Savoir en réseau. Introduction de ressources numériques et interactives. Des usages imaginés aux usages observés dans les classes. Quelle transformation des métiers d’enseignants et d’élèves ?

Auteur(s) :  JAUFFRED-GOISLARD DE MONSABERT Sadrine

Date de soutenance :  2015

Thèse délivrée par :  Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne

Section(s) CNU :  section 70 : Sciences de l’éducation

Sous la direction de :  Cédric FRÉTIGNÉ

Jury de thèse :  Frétigné, Cédric ; Vieille-Grosjean, Henri ; Hedjerassi, Nassira ; Grugeon-Allys, Brigitte

« Notre recherche interroge les éventuelles transformations qui modifient la relation pédagogique lorsque des enseignants introduisent dans leur pratique des ressources numériques et interactives. Nous visons à observer les usages réels, plutôt que les usages attendus par les acteurs, qui se développent à la faveur de cette nouvelle instrumentation des pratiques pédagogiques.

Lire la Suite sur le site de l’IféPhilippe Inowlocki, psychologue social

L’influence de la surabondance informationnelle sur le non-recours au tutorat méthodologique en première année universitaire

L’influence de la surabondance informationnelle sur le non-recours au tutorat méthodologique en première année universitaire

Auteur(s) :  POURCELOT Charlotte

Date de soutenance :  2015

Thèse délivrée par :  Université de Haute-Alsace

Section(s) CNU :  section 70 : Sciences de l’éducation

Sous la direction de :  Sandoss BEN ABID-ZARROUK

Jury de thèse :  Annoot, Emmanuelle ; Baudrit, Alain ; Gaté, Jean-Pierre ; Romainville, Marc

Lire la SuitePhilippe Inowlocki, psychologue social

L’improvisation selon les enseignants entrant dans le métier : une approche en anthropologie cognitive

L’improvisation selon les enseignants entrant dans le métier : une approche en anthropologie cognitive

Auteur(s) :  AZÉMA Guillaume

Date de soutenance :  2015

Thèse délivrée par :  Université Montpellier 3

Section(s) CNU :  section 70 : Sciences de l’éducation

Sous la direction de :  Serge LEBLANC

Jury de thèse :  Ria, Luc; Gal-Petitfaux, Nathalie; Durand Marc; Laborde, Denis; Zoïa, Geneviève

Lire la suite

Philippe Inowlocki, psychologue social

Article : Différents modes de confrontation à des traces de sa propre activité

« Notre contribution sur les convergences et spécificités de différents modes de confrontation d’un acteur à différentes traces de son activité est issue de travaux d’anthropologie cognitive centrée sur les pratiques corporelles ». Merci Marc Nagels pour cette suggestion de lecture
https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2010-2-page-358.htm?utm_content=bufferb1589&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=bufferPhilippe Inowlocki, psychologue social

Jacques Theureau : le cours d’action et son observatoire

Extrait de THEUREAU J. (1997) L’émergence d’un complexe d’échanges à travers les trajets des voyageurs : essai méthodologique, in Bayart D., Borzeix A., Lacoste M. & Theureau J., Les traversées de la gare : la méthode des trajets pour analyser l’information-voyageurs, Publication RATP-Département du développement-Mission prospective et recherches sociales, 118, Paris, 145-190. 1

CHAPITRE III: L’EMERGENCE D’UN COMPLEXE D’ECHANGES A TRAVERS LES TRAJETS DES VOYAGEURS: ESSAI METHODOLOGIQUE J. Theureau (CNRS/UTC, Compiègne)

Capture de la vidéo du site de l'université de Lorraine http://videos.univ-lorraine.fr/index.php?act=view&id=343
Capture de la vidéo du site de l’université de Lorraine http://videos.univ-lorraine.fr/index.php?act=view&id=343

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE COURS D’ACTION ET SON OBSERVATOIRE

Rappelons les hypothèses et notions générales de la construction locale du cours d’action.

Le cours d’action

Nous entendons par cours d’action d’un acteur donné son activité à la fois préréflexive et pré- collective, c’est-à-dire montrable, racontable et commentable à tout instant de son déroulement par cet acteur à un observateur-interlocuteur dans des conditions favorables d’observation et d’interlocution.

Nous entendons par activité le flux des interactions dissymétriques entre un acteur et son environnement physique et social. Ces interactions sont conçues comme dissymétriques au sens où elles sont décrites du point de vue de l’acteur, de ses structures internes.

Cette idée généralise une remarque de Lucy Suchman (voir Cognitive Science, Avril 1993) selon laquelle il faut abandonner la notion d’interaction homme-machine au profit de celle d’usage de la machine par l’homme.

Plus généralement, cette idée est en accord avec “ l’hypothèse de l’enaction ” concernant la cognition humaine telle qu’elle a été formulée par Francisco Varela, selon laquelle, l’activité d’un système vivant est la dynamique du couplage structurel entre ce système vivant et son environnement, c’est-à-dire à chaque instant à la fois la mise en oeuvre du couplage structurel construit préalablement et la transformation de celui-ci. La notion de couplage structurel prend ainsi la place de celle de représentation symbolique stockée en mémoire chère au cognitivisme classique. Cette notion de couplage structurel a des conséquences épistémologiques importantes:

1/ un observateur d’un acteur ne peut connaître que le couplage structurel de cet acteur avec son environnement; il ne peut rien connaître des structures internes de cet acteur, sauf par inférence à partir du couplage structurel; la connaissance des structures internes de l’acteur est renvoyée pour l’essentiel aux neurosciences;

2/ la connaissance du couplage structurel d’un acteur avec son environnement, pour être valable, doit se faire du point de vue de l’acteur. L’observation du seul comportement ne suffit pas. Il faut des données qui permettent de s’assurer que la description du comportement effectuée traduit le point de vue de l’acteur. Il faut aussi des données sur d’autres éléments des interactions avec l’environnement que les actions et communications: perceptions, émotions, interprétations de différentes sortes.

En ajoutant à l’hypothèse de l’ “enaction ” celle de la “ préréflexivité ”, c’est-à-dire celle du caractère préréflexif de toute une partie de l’activité humaine, on obtient les hypothèses qui président à la définition du cours d’action comme objet d’analyse.

Ces hypothèses ouvrent sur des descriptions de l’activité du point de vue des structures internes de l’acteur, c’est-à-dire sur ce que Francisco Varela a appelé des “ descriptions symboliques admissibles du couplage structurel ”, sans qu’il y ait besoin de préciser ces structures internes de l’acteur. L’observatoire du cours d’action La construction de l’observatoire du cours d’action passe par plusieurs hypothèses qui, présidant aux données construites, ne pourront pas être validées (falsifiées) par elles.

Ces hypothèses constituent une “ théorie minimale ”, selon l’expression de Erickson & Simon (1984) fondant les conditions favorables d’observation et d’interlocution à tout instant du cours d’action et les différentes méthodes indirectes d’accès au préréflexif. Ces conditions favorables d’observation et d’interlocution à tout instant sont à la fois sociales, politiques, contractuelles et éthiques.

Les méthodes indirectes essentielles, permettant un accès au préréflexif qui ne transforment pas de façon drastique le cours d’action considéré, sont des méthodes d’autoconfrontation, comme complément nécessaire des observations et des méthodes quelquefois praticables de verbalisation simultanée ou interruptrice. En ce qui concerne les détails de cet observatoire du cours d’action, nous renverrons à Theureau (1992) et Theureau & Jeffroy (1994). Notons que l’observatoire particulier de la présente étude, que nous avons présenté dans la section 1, ne met en oeuvre qu’une partie des possibilités de cet observatoire du cours d’action. Nous verrons en conclusion l’intérêt qu’il peut y avoir à l’élargir dans de futures études.

3 – LE CADRE SÉMIO-LOGIQUE D’ANALYSE DU COURS D’ACTION

Le cadre “ sémio-logique ” d’analyse du cours d’action est constitué d’un ensemble de notions et d’hypothèses supplémentaires fondant une description symbolique limitée au préréflexif mais admissible de l’activité d’un acteur comme dynamique de son couplage structurel avec le monde. Signification et action Pour introduire le cadre “ sémio-logique ” d’analyse du cours d’action, rappelons d’abord les notions développées par Apostel & coll. (1957).

Ces auteurs proposent plusieurs définitions qui relient objets, suites d’actions et situation, et distinguent clairement le point de vue de l’acteur de celui de l’observateur:

– Définition 9: Du point de vue de l’observateur, la signification d’une action est l’ensemble des actions qu’elle rend possibles et l’ensemble de celles qu’elle rend impossibles.

– Définition 10: Du point de vue du sujet S, la signification d’une action est l’ensemble des sousactions dont ce sujet S la compose et l’ensemble des actions dont ce même sujet la rend sous-action.

– Définition 11: La signification d’un objet A pour un sujet S dans une situation T est l’ensemble des actions de S qui lui sont applicables en T.

Notons en particulier que ces significations des actions et des objets à un instant donné sont construites en termes de possibles. Ces définitions théoriques n’ont eu que peu de suites dans les travaux de l’école piagétienne.

Le cadre sémio-logique d’analyse du cours d’action les reprend et les développe grâce à un détournement systématique de la notion de signe triadique proposée par C. S. Peirce (voir en particulier Peirce, 1978). Nous en présenterons ici une version plus développée que celle qui a été publiée dans différents ouvrages (voir, par exemple: Theureau, 1992; Theureau & Jeffroy, 1994). »

Philippe Inowlocki, psychologue social